Elle, au moment de décrocher, avait une voix différente, lointaine, claire come de l’eau. C’était sa voix d’avant, à l’époque des nattes, quand elle courait dans la cours de récréation qui bordait le préau, les cordes à sauter et les joueurs de billes.
Au téléphone, tu parlais moins qu’Elle. Tu restais souvent les yeux écarquillés, à écouter. Tu ne disais rien, n’avais rien à dire, car c’est vrai : il n’arrivait pas grand-chose dans ta vie du jour au lendemain. Lorsque tu raccrochais, la mémoire s’effaçait comme une ardoise magique. L’emballement de ton cœur se faisait sentir.
Elle, suivait le cheminement inverse. C’était toujours dans la liesse qu’elle décrochait le téléphone pour t’appeler. La conversation faisait battre son cœur. Le désespoir ne la prenait qu’après, une fois le téléphone raccroché. Elle restait alors le combiné dans la main, comme si, au bout de son bras, pendait un bout de toi…
« Le matin, je me lève et attrape Yourcenar. Je tente de te représenter. Je garde toujours l’impression du premier jour. Pourtant ton visage et ton corps ne semblent plus tout à fait les même. Mais lorsque tu t’éloignes, c’est toujours ce visage-là qui revient. Je tombe sur un passage….un autre visage, celui d’Antonaeus….d’une délicatesse infinie. Les rinceaux d’une vigne encadrent de la plus souple des arabesques le jeune visage mélancolique et penché : on songe irrésistiblement aux vendanges de la vie brève, à l’atmosphère fruitée de l’automne. A la bibliothèque de Montreuil, je trouve un livre sur Mont Desert Island. C’est là que Yourcenar a vécu ses dernières années. Seule. Ou presque. Une chatte. Tout a été photographié. Sa chambre. Son bout de jardin. Les bocaux remplis de pâtes. Elle est là. Son twin set, ses grands yeux clairs. Sa maison ressemble à une maison de poupée. L’existence aussi. On imagine des plaids sur les genoux, des heures à prendre le thé. Marguerite Yourcenar, de l’Académie Française, est morte comme C. mourra, dans l’ennui et la solitude ». Je suis partie, sans trouver la cause de mon arrivée. Peu à peu, marchant le long du fleuve, seule, ton souvenir s’accroche à moi. Comme un pense bête dont il est impossible d’en décoller le haut. Je pensais que le temps ferait son œuvre. « Il joue contre son camp ». Plus les heures passent, plus tu manques à mes journées. Oui, mais tout ça c'était les maux d'Hier. La colle du Post it a vieilli; il s'est décollé et s'est envolé.
13h30 rendez-vous au « 35 ».
Coiffeur renommé sur la place pour que la sortie ne soit pas pire que l’entrée. Qui n’a jamais boycotté le coiffeur de sa vie après être sortie de chez lui avec une coiffure des plus douteuses, coupe plutôt assimilée à une tonte pour bidasse ou encore, une couleur digne du plus nuancé de tous les cacas d’oie.
So, when you eventually find the perfect « cisor », you keep it!
13h30 c’est l’heure du rendez-vous que le coiffeur vous donne par téléphone. 14h24, l’heure à laquelle il vous remarque gesticulant sur votre fauteuil après avoir feuilleté tous les magazines déchiquetés par l’euphorie des clientes. 14h 42 marque la proposition d’aller vous installer sur l’appareil à tortures : le siège shampouinage briseur de cou.14h45 marque la fin du massage furtif pour s’installer devant le miroir autour de cisailleuse, broyeuse, sécheuse, j’en passe et des meilleurs. A droite une Blonde. A gauche une Blonde. Point Commun : Fausses Blondes. Dorénavant je songerais à mettre « fausse » devant « j’ai une blague sur les [fausses] blondes ». De tout le pédigrée blondissime autour de moi, jamais je n’ai connu de telles commentaires ou attitudes superficiels. Rires de gorge, regards de truie, positions de mante religieuse et discours du plus bas des « soaps » américains. Les neurones sont de toute évidence partis avec la décoloration.
Je me demande comment se fait-il que ce bataillon de coiffeurs, uniquement composée de sexe masculin, ma foi fort viril, tranchant ainsi avec les préjugés que les « coiffeurs » sont débordants de féminité et de sensibilité, fait pour supporter cette bassecours. Encore une question de blé assurément. Assez de poules qui caquètent pour ne pas en rajouter dans les rangs. Evidement.
15h07 je sors. « Adieu veaux, vaches [à lait], cochon [nes], couvées… ».Nouvelle tête et bien décidée à quitter la ferme pour faire claquer mes talons sur les pavés citadins.
Celui que l’on retrouve à côté de soi dans un Corail intercité, ou peut être un Ter je ne sais plus. Equipé de son matériel « hyper sophistiqué » ou high tech, je ne sais plus non plus.
J’ai du Bagou, j’ai la classe, alors pousse ton cul de vache laitière car j’ai besoin de place.
Cet homme, d’une politesse « courte durée » s’installe. L’homme tape du pied à l’écoute de sa fanfaronne variété française sorti tout droit de son MP3. Quoi mais t’as pas le i-phone ?
Il gratte dans sa veste. Une fois de plus. A défaut de se gratter le cul il gesticule. Il se tripote le paquet d’ « Hydrocarbures polyaromatiques, benzopyrènes, Dérivés nitrés hétérocycliques, Nitrosamines et Cétones ». Lieu Public. Trop dur de tenir…. Il se tripote pour la quinzième fois tel une machine robotique qui exécute sa programmation. Envie de modifier cette affreuse « boucle » pascal ou format bouléen. Pas étonnant qu’il ait une tronche de goéland emmazouté. Sa bague en or massif (ou imitation) serait donc potentiellement le signe distinctif de sa rareté attestée par la LPO. Ligue publique des Opprimés.
Pardonne Moi Hugo Boss.
Le comportement cinématographique humain était de mise en cette fin de semaine. Finalement, retour à notre bonne vieille royauté française pour les quelques lignes du jour : King Nicolas LXIX est redescendu du comté Parisien pour un petit périple sur les bords le la Loire, berceau du royaume de France.
Chambord, Chenonceau, Amboise, Azay le rideau ? NON. Tours. La cité Tourangelle, lui permet d’être au milieu du peuple et de reprendre un esprit sociable inexistant dans la capitale animée par l’indifférence, l’impersonnel et une abondance de déjections buccales [cf « la guerre des gangs Hollywood et Freedent »[ et anales [cf « Nos amis les chiens »].
Petit passage obligé dans la grande galerie et sa somptueuse bibliothèque jaune et bleue : la Fnac.
Caisse. J’aperçois enfin le grand King camouflé en John Lennon. Une coiffe brune plutôt ébouriffée, lunettes rectangulaires, veste assez longue qui nous empêche de vénérer le postérieur souverain, petites chaussures de ville, si petites que…. (Enfin les proportions quoi merde !!) Et petite sacoche en bandoulière.
Le King est accompagné de deux femmes. La Queen et la Reine Mère… Ne souhaitant pas me faire décapiter sur la place publique, je m’obstine à ne pas aller lui baiser les pieds. Je l’observe, je le traque. Il faut lui laisser prendre de la distance et agir dans la surprise totale.
Pendant que Queen et Reine Mère regardent les spectacles à l’affiche en tout genre, le King va mendier une pochette papier cadeau. Assez hideuse, pour se douter que le King est fauché.
Le King n’aime pas trop l’effort, il préfère l’escalator à l’escalier. Le King est une Star.
Débaroulant dans l’escalier avec ma compatriote révolutionnairement subjuguée par cette réapparition inespérée et momentanée de John Lennon, nous contournons la pièce centrale.
Zut, plus de traces du King, il a du prendre la sortie qui donne dans la ruelle pisseuse de derrière.
Quelle vie d’espion mène-t-on quand on a … ans !
How explain that day after day breathing is like calvary? I expect my relief even if I know it won't be an happy end, in a few days time to realize that now it's time to live, to say, to act. I wanted a full of flowers garden... too bad. To be deceived by the human being. To be foxed by the life.
Keep Smile C.
Here hairs and beards in the wash.
Here pee on the toilett.
Here so big pickles.
Here so fabulous Jello.
Here skunk in the garbage.
Here squirrel on the tree.
But Here...
Here My Mummy Darlene lives.
Here I have friends.
Here... i leave.